"Une expédition débute par la constitution d’une équipe solide et solidaire, bien avant notre rendez-vous à Kathmandu.
Cette présentation du projet en est la première étape, elle est la plus précise possible et ouvre sur un échange très personnalisé. Je suis à votre disposition pour expliquer, échanger sur les réalités de l’ascension, les enjeux de la logistique, une certaine éthique. Mais aussi votre projet personnel, vos attentes. N’hésitez surtout pas à me contacter.
L’étape suivante sera une rencontre au début de l’été, en montagne, de toute l’équipe, pour faire un peu de montagne ensemble.
Et la Magic Map de la CSV Expedition permettra de mieux impliquer l’ensemble des acteurs de cette tranche de vie commune, avec aussi toute l’équipe népalaise.Paulo,
LA MARCHE D'APPROCHE DU SAIPAL
Il s’agit de rejoindre Simikot, puis le village de Chala et enfin le camp de base. Ce sont trois étapes bien identifiées dans la CSV Expédition.
Pour rejoindre Simikot , le plus difficile reste l’incertitude de la météo et l’aléas du vol, à prendre en compte et à intégrer dans le planning de l’expé.
1. Vol Kathmandu_Nepalganj à l’aller et au retour, plus éventuellement bus de Nepalganj à Surket si le vol pour monter à Simikot s’effectue depuis cet aérodrome..
2. Vol Nepalganj ou Surket pour Simikot. Un vol chartérisé peu parfois simplifier les choses !
3. Pour le retour, tout va beaucoup mieux.
Pour rejoindre Chala et le camp de base :
Le trek est très simple et relativement court. Les sentiers sont confortables et les emplacements de camping agréables.
Il est simplement nécessaire de prendre son temps pour digérer la première montée en altitude du vol Nepalganj/Simikot.
Voici les étapes que nous avions réalisées en 2010, mais cette année j’aimerais passer par un col au dessus de Dharapuri pour commencer notre acclimatation et éviter la piste :
1. Simikot/Dharapuri,
2. Salli Khola,
3. Puija, Chala, 3900 m (4h30),
4. Mulabari (du bas) 3650m, ou Purano Base Camp,
5. French Base Camp.
Il est peut-être judicieux de prévoir une journée de repos à Chala. Pour être encore plus en contact avec la population et comprendre leur mode de vie et leur environnement. Cette journée peut également servir de journée tampon en cas de retard aérien.
A la descente :
1. French Base Camp/ Mulabari (du bas) 3650m,
2. Chala,
3. Dharapuri (au-dessus),
4. Simikot
LE CAMP DE BASE - 4280m
Il existe deux emplacements relativement proches. Le « German Base Camp » et le « French Base Camp », Avec deux ambiances très différentes.Depuis Chala, il faut compter deux jours.
•La première est plutôt courte, une demi-journée, jusqu’à l’un des hameaux de culture des navets, Mulabari.
•La deuxième est une vraie journée, avec deux sentiers possibles : Le long de la rivière, plus court et moins confortable. En balcon, plus long avec des montées et des descentes. C’est aussi le sentier des yacks.
Les muletiers de Simikot ne vont (normalement) pas au-delà de Chala. Il y a obligation d’employer les villageois avec leurs animaux de bats (yacks, zopioks : hybride d'un yak et d'un zébu (ou de certaines vaches domestiques ou chevaux). A vérifier si cette situation à changée et si le sentier est devenu plus simple car plus fréquenté. Les habitants de Chala auront peut être aussi l’habitude de ce type de travail.
ADVANCE BASE CAMP 4800M
Du French Base Camp, nous longerons les moraines de la rive gauche, pour monter progressivement jusqu’au front du glacier.
Une pente raide d’éboulis conduit au plat du glacier recouvert de pierre. Par un terrain large et facile nous traverserons l’ensemble du glacier pour rejoindre sa rive droite. La remonter par des cordons morainiques (petits sentiers et cairns). Ce glacier noir deviens plus chaotique avec quelques grosses crevasses, nous obligera à revenir un peu au centre, pour continuer jusqu’au fond du cirque où des emplacements plus ou moins plats permettent d’installer des tentes. Il n’y a pas besoin de matériel spécifique. Nous avions utilisé nos chaussures de trek ou nos baskets
C’est un terrain rocheux peu confortable, mais le cadre est grandiose sans problème objectif, même par chute de neige importante.
De l’ABC 4800 m, à RED ROC CAMP 5400 m
Presque en face du camp, une pente d’éboulis permet de contourner le virage plus crevassé du glacier. Remonter un vague couloir, neige ou éboulis, pour rejoindre le haut de la pente.
Puis deux solutions :
- Monter jusqu’à la banquette morainique et au virage, rester à niveau et par une traversée descendante, à flan de moraine (petite sente), regagner le plat du glacier.
- Ne pas monter jusqu’en haut mais au contraire redescendre directement sur le glacier et longer le bord jusqu’à la jonction de l’itinéraire précédent. Changer de rive.
Un camp est possible sur le plat du glacier (Jonction Camp), nous l’avons utilisé pour faire un dépôt de matériel.
Remonter une pente d’éboulis (ou de neige) qui permet d’atteindre le glacier issu de la combe entre le Chala Peak et le Rani Himal. Une longue traversée à flan permet de prendre pied sur le glacier. Une courte montée et le glacier devient plat. Changer de rive et repérer une strate de rocher rouge qui descend dans la paroi. Juste à son pied, un emplacement permet d’installer Red Roc Camp, 5400 m.
De RED ROC CAMP 5400 m, à SHADOW CAMP 5700 m
Par des pentes douces et peu crevassés, remonter la combe du glacier jusqu’au plateau supérieur.
C’est «Liz Camp», un emplacement idéal pour gravir le Chala Peak, le Liz Himal ou le Saipal. Traverser à droite jusqu’à la base d’une pente de neige, 200 m à 30/35°.
La remonter jusqu’à un petit replat de l’arête Ouest du Rani Himal. C’est Shadow Camp, 5700 m… « le camp de l’ombre », car le soleil n’y arrive pas avant 10 h du matin ! « Putain, ça caille ! » comme dirait Dipen !
De SHADOW CAMP 5700 m à RANI CAMP 6400 m
Il s’agit de remonter l’arête Ouest du Rani Himal.
Soit le plus directement possible par l’arête, soit par son flanc droit. C’est ce que nous avons fait en 2010, à cause d’un vent très violent. En 2024, qu’allons-nous faire ?
C’est le passage clef de cette expédition au Saipal.
Il me semble qu’il nous faudra nous rapprocher de l’arête et gravir plutôt les pentes de neige et de glace. Pour acheminer notre matériel, nous utiliserons certainement des cordes fixes, qu’il nous faudra donc enlever à notre retour. J’y consacrerais une semaine de plus à la fin de l’expé avec quelques Nepali Leader.
VERS LE SOMMET...
Nous voici dans la partie la plus esthétique de l’ascension, avec une grande arête jusqu’au sommet. C’est vraiment un parcours sublime, en plein ciel !
Mais, il faut choisir la meilleure stratégie en fonction du temps météo (et surtout le vent), du temps disponible et des compétences des alpinistes.
Trois solutions sont possibles :
- Partir de Rani Camp directement pour le sommet.
- Installer le Rani Camp un peu plus haut, peut-être 1 ou 2 h de plus. Ou
faire un camp supplémentaire, au col avant « l’arête effilée», c’est un
jour de plus et des efforts de montage et démontage…
- Faire un vrai camp supplémentaire plus haut, juste avant le sommet de
Tiger Top, sur un replat en versant Est. La 3ème solution est
certainement la meilleure pour le découpage de la distance et de
l’effort. Mais elle oblige de traverser «l’arête effilée» avec tout le
matériel de camping. C’est simple si des cordes fixes sont posées, mais
beaucoup plus complexe sans ! C’est surtout un réel effort qu’il faudra
assumer à la descente.
Lors de ma précédente ascension, nous avions choisi la 1ère solution, car il nous restait seulement une journée pour aller au sommet. Mais l’ascension du sommet principal était un peu trop longue et nous nous sommes arrêtés à l’antécime, au sommet du Tiger Top.
De l’usage des cordes, d’encordement ou fixe…
• Nous évoluerons le plus possible encordé, et en cordée de 2.
• Pour le Rani Himal, nous poserons des cordes fixes.
• Pour l’arête terminale, à nous de décider entre encordement et progression sans corde.
Il me semble difficile d’équiper « l’arête effilée » avec des cordes fixes. Ce qui veut dire que les alpinistes doivent être à l’aise, sans corde ou en cordée de deux, dans des pentes de neige à 30/35° très exposées !!!
POUR MIEUX CONNAITRE CETTE SUPERBE MONTAGNE...
Une lecture assidue de la base de donnée « The Himalayan Data Base » crée par Richard Salisbury d’après les archives de Miss Elizabeth Hawley, permet d’avoir quelques repères :
Il y a eu au total une dizaines d’expéditions au Saipal, avant 2010.
- La première expédition à s’intéresser à ce sommet est une expédition Autrichienne, dirigée par le Dr Rudolf Jonas en avril 1954, en venant de Chainpur.
- La première ascension a été réalisée le 21 octobre 1964 par Katsutoshi Hirabayashi et Pasang Phutar par l’arête Sud.
- En automne 1986, une équipe d’espagnols et un français réalisent une série d’ascensions sur le sommet dont une traversée, montée par la face Sud-Ouest et descente par l’arête Ouest
- La première Française a été réalisée par Serge Benoît le 22 oct. 1986.
- Puis il y a eu notre expé de 2010 qui s’est malheureusement arrêtée au Tiger Top, un peu loin du sommet… Le partage des informations sur internet et dans l’AAJ a donné un coup de projecteur sur ce sommet inconnu, (mais, depuis mon ancien site a disparu dans les entrailles du Net, grrr).
- Puis, après 2010, sur l’ HDB, 6 équipes ont envisagées le Saipal.
• SAIP-103-02, Autumn 2010, Andreas Pendl (Austria), 10 members, NE ridge, Abandoned at 5700m due to loose rock falls, strong wind, moving glacier. BC(17/10,4250m),C1(20/10,4850m),C2(22/10,5680m),xxx(22/10,5700m). Une expé en parallèle de la notre, mais pas vraiment une belle expérience de cohabitation !
• SAIP-113-01, Autumn 2011, Ernst Marti (Switzerland), 3 members, NE ridge, Abandoned at 6300m due to snowfall and high winds. BC(11/10,4050m),C1(12/10,4700m),C2(19/10,5800m),xxx(21/10,6300m)
• SAIP-133-01, Autumn 2013, Emmanuel Abélé (France), 6 members, NE ridge, Abandoned at 6000m due to route too difficult and loose rock.BC(23/10,4350m),ABC(25/10,4800m),C1(27/10,5400m),C2(29/10,5800m),xxx(02/11,6000m)
• SAIP-133-02, Autumn 2013, Ernst Marti (Switzerland), 2 members, NE ridge, Abandoned at 5800m due to bad weather and snowfall. BC(01/11,4200m),C1(03/11,4900m),xxx(04/11,5800m)
• SAIP-183-01, Autumn 2018, Forrest Coots (USA), 7 members, SW face, Abandoned at 6400m due to altitude, frostbite and exhaustion. One dead member, Puna from Nepal. BC(05/10,3995m),ABC(10/10,4725m),C1(20/10,5400m),xxx(21/10,6400m)
• SAIP-183-02, Autumn 2018, Jorge Egocheaga (Spain), 16 members, SW face, didn’t climb on Saipal. Attempted only unclimbed peak nearby Saipal, Abandoned at 4700m on unclimbed peak due to bad weather
Deux expéditions sont à regarder de plus près… Celle des p’tits jeunes à ski avec Emmanuel Abélé. Et celle de Jorge Egocheaga pour promouvoir cette région du Far West du Népal et la cause des femmes népalaises.